La dépression post-voyage existe vraiment. Voici ce que personne ne te dit avant de partir.
Lorsque je suis revenu de mon voyage de trois mois en Europe, rien n’avait changé.
Les routes étaient les mêmes. Le monde autour aussi. Même les montagnes du Québec que j’aime tant étaient là, exactement pareilles.
Et pourtant.
Pourtant, rien n’était pareil.
Ce sentiment d’être chez moi n’était plus là. Les gens me demandaient comment était le voyage. Je souriais, racontais les belles histoires. Mais une partie de moi n’était pas là. Elle n’était pas revenue.
J’avais défait mon sac. Rangé mon équipement. Regardé ma chambre.
Et je me souviens d’avoir pensé : mais pourquoi j’ai tout ça ?
Quelques jours plus tard, je reprends la route pour travailler. Je vois les gens parler de leurs fins de semaine, de leurs projets, de choses du quotidien. Et moi j’étais encore quelque part entre les Alpes françaises et les fjords de Norvège.
On se sent pris entre deux mondes.
Comme un oiseau migrateur qui se retrouve à la mauvaise place.
Le phénomène de transformation
Voyager, vivre des aventures, découvrir. C’est magnifique. J’en suis moi-même accro.
Le choc culturel, voir comment d’autres personnes vivent, apprendre constamment. Surtout en situation difficile, c’est là qu’on voit ce qu’on est vraiment. Sans oublier les paysages qu’on découvre chaque jour.
Mais est-ce qu’on se prépare vraiment au retour ?
Parce que voilà ce qui arrive. On change. Profondément. Mais le quotidien, lui, ne change pas. On revient différent dans une vie qui a continué sans nous. Les amis nous supportent, nous écoutent. Mais on se sent souvent seul dans ce nouveau monde intérieur qu’on a ramené avec soi.
Moi je me souviens de regarder les montagnes du Québec au retour et de penser : c’est quoi ces petites collines ? J’avais passé trois mois entouré de sommets de mille à trois mille mètres en Norvège et dans les Alpes. Le regard change. Les repères aussi.
Et on doit maintenant apprendre à vivre avec ça.

Le deuil invisible
C’est drôle à dire, mais ce qu’on vit, c’est un deuil.
Pas le deuil d’une personne proche. Le deuil de nous-mêmes.
Quand je suis revenu du Kilimandjaro, j’utilisais l’expression : une partie de moi est restée en Afrique. C’est exactement ça. Une partie de nous change, devient cette nouvelle version. Et l’ancienne version, elle, disparaît tranquillement.
Quand on voit des gens vivre avec presque rien en Afrique et être heureux, ça questionne tout. Nos croyances, nos habitudes, ce qu’on croyait être essentiel.
Les spécialistes parlent de sept étapes du deuil : le choc, le déni, la colère, la négociation, la dépression, l’acceptation et la reconstruction. Pour moi c’est souvent direct au choc, au déni, puis à la dépression. Mais on le vit tous différemment. L’important c’est d’accepter de traverser ces étapes plutôt que de les contourner.
Le danger de fuir
Quand on n’accepte pas ce deuil, on cherche à compenser.
On remplace avec de mauvaises habitudes. Trop manger. L’alcool. Ou repartir en voyage avant même d’avoir digéré le dernier. Parce que c’est plus facile de chercher le prochain high que d’apprendre à habiter le quotidien.
La prochaine montagne ne sera jamais assez haute.
Mais au fond, les changements ne sont jamais vraiment assimilés. Et un jour il faut vivre avec, en beaucoup plus intense.
Je le sais parce que je l’ai fait. Je le fais encore parfois.
Apprendre à habiter cette nouvelle vie
J’adore l’aventure. Je ne dis à personne d’arrêter.
Mais il faut apprendre à prendre le temps. Le temps de se retrouver. De se ressourcer D’habiter cette nouvelle vie plutôt que de la fuir.
En aventure je me suis retrouvé. Jo, l’écrivain qui veut vivre de sa plume, peu importe ce que les autres disent. Qui lâche un travail qui paie bien pour vivre d’une passion.
Réussir à devenir ce Jo dans un quotidien ordinaire, c’est le vrai défi. Pas la montagne. Pas le voyage. Le mardi matin à Sherbrooke quand rien ne bouge.
J’ai des mécanismes de défense. De mauvaises habitudes qui reviennent. Mais j’essaie. Et surtout, parfois je prends le temps d’assimiler ce qui se passe.
Parce qu’on ne revient jamais complètement d’un voyage qui nous a changé. Peut-être que le vrai défi n’est pas de retrouver l’ancienne vie. C’est d’apprendre à construire une vie qui ressemble davantage à la personne qu’on est devenu là-bas.
Et toi, as-tu déjà vécu ce phénomène ? Tu le vis en ce moment ?


Jonathan Lessard est explorateur, écrivain et rédacteur SEO basé au Québec. Il aide les entreprises et les créateurs à améliorer leur visibilité sur Google grâce à la rédaction SEO et au storytelling, tout en partageant ses aventures en nature et ses réflexions sur l’exploration intérieure.


