Arnaud : l’aventure commence devant sa porte

Il est 5h du matin.

Arnaud est seul sur son vélo. La plupart des gens dorment encore.

Le soleil se lève tranquillement sur l’horizon. La brume monte de la rivière. La nature s’éveille.

Pendant que les autres dorment, lui vit ce moment-là.

Il voit ce que personne d’autre ne verra aujourd’hui.

Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à se lever si tôt pour voir le monde différemment ?

Pour comprendre, il faut remonter 8 ans en arrière. En France, où Arnaud rêvait du Canada depuis toujours.

De la France au Québec

Il y a 8 ans, Arnaud a quitté la France pour rejoindre sa conjointe sur la Rive-Sud de Montréal. Une grande aventure en soi. Mais rapidement, quelque chose lui a manqué.

Les montagnes.

La Rive-Sud est plate. Un horizon sans relief. Ça le rendait malade.

« Mon besoin de montagne, c’est vraiment une des raisons principales pour lesquelles on a bougé.« 

D’abord Saint-Bruno. Mais ce n’était pas assez. Alors ils ont poussé plus loin. Orford.

Aujourd’hui, Arnaud vit au pied du parc du Mont-Orford.

« Je pars à pied d’ici et je suis dans le parc de la SEPAQ après 400 mètres.« 

Aucun regret. Le besoin de montagne et de nature est comblé.

Du vélo au trail

La nature et le plein air ont toujours fait partie de la vie d’Arnaud. Déjà enfant, chaque mercredi, il partait dans les bois. Dans sa jeunesse, il a fait des compétitions de niveau national en vélo de montagne en France.

Cette passion l’a suivi au Québec. Il a découvert le pays sur son vélo.

Un jour, il est parti de la Rive-Sud. Il a traversé Montréal. Embarqué sur le Petit train du Nord. Trois jours de vélo. Plus de 500 kilomètres.

« Je souhaitais partir tôt car j’adore ces moments et ces ambiances. Le fond de l’air est frais, l’atmosphère chargée d’humidité. Des nappes de brouillard agrémentent le paysage ci et là. »

Partir tôt pour l’ambiance tranquille du matin, c’est un des plaisirs d’Arnaud. Voir et vivre ce que peu d’autres vivent.

Mais il y a 5 ans, une nouvelle passion a trouvé Arnaud : la course en sentier.

Pourquoi passer du vélo au trail ? Pour deux raisons.

D’abord, la praticité. Trente minutes de course, c’est un entraînement complet. En vélo, il faut prévoir beaucoup plus de temps.

Ensuite, l’exploration.

« Je peux aller sur des sentiers qui ne sont pas praticables en vélo, dans des coins inaccessibles. Et ça, c’est le fun.« 

La course en sentier a ouvert de nouveaux horizons. Et surtout, elle lui a permis de découvrir l’Estrie d’une manière qu’il n’avait jamais explorée.

Et depuis qu’il est en Estrie, Arnaud en découvre, des endroits.

Peu importe où il va, il y a toujours des coins fantastiques. Des lacs cachés. Un réseau de pistes cyclables incroyable qui traverse l’Estrie. Le sentier Massawippi. Des endroits qu’Arnaud côtoie fréquemment.

Certaines sorties sont plus spéciales. Comme le sentier des crêtes à l’automne. Tu arrives au sommet. Une vue à 360 degrés sur une explosion de couleurs qui te coupe le souffle.

Et malgré que l’Estrie le marque profondément et qu’il ne se voie pas aller ailleurs, c’est en Gaspésie qu’une sortie l’a vraiment marqué.

« Priorité aux caribous.« 

C’est la phrase qu’Arnaud a entendue au départ de l’Ultra Trail des Chic-Chocs. Il s’engage sur le 88 kilomètres. Et découvre cette région.

Les organisateurs préviennent tout le monde : si des caribous sont sur le chemin, on attend qu’ils passent. On ne les dérange pas.

Arnaud n’a pas eu la chance de les croiser puisqu’il ne reste que 40 caribous de la Gaspésie. Une espèce en voie d’extinction.

Mais ça n’a pas empêché Arnaud d’apprécier le côté sauvage des chics chocs et de la Gaspésie, un endroit qui met de l’avant la faune et la nature. Mentalité qui se perd un peu aujourd’hui dans les événements de course en trail.

Cette année Arnaud y retourne. Et ce n’est pas pour améliorer son temps. Pas pour battre un record. Juste pour y retourner et profiter. Profiter de l’aventure, profiter du moment et du parcours. De cette belle région sauvage cachée dans notre Québec.


Mais c’est quoi l’aventure pour Arnaud ?

« L’aventure, c’est dès le moment où tu mets les pieds dehors. »

Pas besoin d’aller au bout du monde. Pas besoin de la Patagonie. L’aventure peut être à 400 mètres de chez soi.

Arnaud le sait. Il l’a vécu avec son fils. Deux nuits de camping dans le parc, juste à côté de la maison.

« C’était l’aventure pour lui et pour moi. » Tu sors de ta zone de confort. Tu casses un peu tes habitudes. »

C’est ça, l’aventure selon Arnaud. Ne pas savoir dans quelles conditions tu vas tomber. La météo, le terrain, les animaux que tu vas croiser. Chaque sortie est différente. Chaque sortie est une aventure. Accessible pour tous à côté de chez soi.

 

5ens, l’autre aventure

L’aventure d’Arnaud ne se vit pas seulement sur les sentiers. Il en a lancé une autre. Une marque de vêtements.

5ens clothing.

Comme les cinq sens. Parce que c’est exactement ça, l’idée. Permettre aux gens de profiter de la nature avec tous leurs sens.

« C’était vraiment de permettre aux gens de profiter de la nature, de leurs cinq sens, en pleine nature, dans le bois. »

Le tout avec des vêtements écoresponsables et durables. Le moins d’impact possible sur l’environnement.

Ça ne lui permet pas encore d’en vivre. Mais ça lui a permis de rencontrer des gens. Et ça, pour lui, c’est déjà précieux.

Un nouveau projet s’en vient. Une campagne de financement participatif pour développer un kit de trail running, un short et un t-shirt. Et le lancement se fera pendant l’Ultra Trail des Chic-Chocs, où 5ense clothing sera commanditaire du 88 kilomètres.

La boucle est bouclée. Sa passion et son entreprise, réunies sur le même sentier.

Pour finir

Si Arnaud avait un conseil à donner à ceux qui veulent se lancer, ce serait simple.

Allez à votre rythme.

« Ne te fixe pas des objectifs inatteignables. Prends juste du plaisir dans ta pratique.« 

Pour lui, quelqu’un qui court 5 kilomètres, c’est déjà génial. Même un kilomètre. Tant que tu sors, tant que tu mets tes souliers.

« Pour certaines personnes, courir deux kilomètres, c’est comme en faire 160 pour d’autres. »

On ne connaît pas le parcours de vie de tout le monde. Un 2 kilomètres peut être fantastique pour quelqu’un.

Et beaucoup ne le savent pas, mais derrière l’entrepreneur et le coureur se cache aussi un artiste.

Arnaud peint.

« Un peu artiste dans l’âme. J’essaie de faire ressortir ça dans la vie de tous les jours, dans les vêtements.« 

Une autre façon de voir le monde différemment.

D’ici la fin de l’été, Arnaud retournera sur l’Ultra-Trail des Chic-Chocs. Avec un seul but : découvrir et profiter.

Mais en attendant, Arnaud vivra l’aventure ici, en Estrie. 

Sur son vélo au lever du soleil. Sur les sentiers du Mont-Orford. En camping à côté de la maison.

À voir ce que tant d’autres ne prendront pas le temps de voir.

Parce que pour Arnaud, l’aventure ne s’arrête jamais. Elle recommence chaque matin, dès qu’il met les pieds dehors.

Pour en savoir plus :

Le site web de 5ens : https://5ensclothing.com/ 

Pour découvrir le côté peintre d’Arnaud : https://arnopierrel.com/

Ce texte fait partie du projet Aventuriers de l’Estrie

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