Rendu devant la fameuse roche du camp de base de l’Everest, Eric était en larmes.
Pourtant, ce n’était pas sa première randonnée difficile. Loin de là. Il s’était préparé pendant des mois. Son mental était solide. Mais rien ne l’avait préparé à ça.
De Baie-Comeau à l’Estrie : l’appel de la montagne
Eric a passé plus de la moitié de sa vie en Estrie.
Natif de Baie-Comeau, sur la côte nord du Québec, il est venu faire ses études à l’université de Sherbrooke et s’est laissé charmer par la région.
« Baie-Comeau c’est beaucoup de la pêche et de la chasse. Ce n’est pas une communauté de plein air comme ici. »
Le charme de l’Estrie, Eric en profite presque tous les jours. Le mont Orford pour s’entraîner. Le mont Mégantic ou le mont Gosford quand il veut aller plus loin. Et surtout, l’Estrie c’est une porte d’entrée sur toutes les belles régions montagneuses des États-Unis. Les montagnes blanches sont proches. On est rapidement au Maine ou au Vermont. Des terrains d’entraînement parfaits pour préparer de gros projets.
« L’Estrie c’est comme une Mecque de la rando. Des sentiers à n’en plus finir, des montagnes magnifiques partout et une communauté de plein air incroyable. »
Eric travaille deux jours par semaine au Décathlon. Un magasin comme celui-là rend le plein air accessible à tous. Et avoir un expert comme lui pour recommander des produits, ça aide pour nos projets.
La traversée des sentiers de l’Estrie : ses débuts
« Mes ampoules avaient des ampoules »
Quand on discute avec Eric de randonnée, on voit qu’il sait de quoi il parle. Il est allé un peu partout. En Estrie, dans les montagnes blanches et ailleurs dans le monde. Mais il a commencé comme nous tous.
Un de ses premiers gros projets a été la traversée des sentiers de l’Estrie, de Sutton jusqu’à Richmond. 150 kilomètres de randonnée en forêt. On peut y croiser des ours à l’occasion. Faire la traversée complète n’est pas commun, mais ce n’est pas rare non plus.
Note : Depuis plusieurs années, les sentiers de l’Estrie ont perdu certains droits d’accès qui perturbent la traversée complète.
Sur cette première traversée, Eric s’est ramassé les pieds remplis d’ampoules. Il est sorti de là épuisé.
« À la fin, marcher sur l’asphalte ou sur la roche de l’accotement faisait toute la différence entre souffrir et tolérable. Mes pieds voulaient s’arracher. »
Lorsqu’il marchait sur l’asphalte, c’était comme si des couteaux lui rentraient dans les pieds. Mais, lorsqu’il allait sur la roche, c’était beaucoup moins pire.
Cette expérience l’a fait se sentir vivant. Elle l’a mené à tomber en amour avec la randonnée et l’aventure. Bien qu’il ait dormi à terre sous une toile et marché avec un sac à dos beaucoup trop lourd, Eric a terminé le sentier au complet.
Cette expérience difficile ne l’a pas empêché de continuer. Bien au contraire.
J’ai couru en sentier avec Eric. On a fait la traversée des présidentielles dans les montagnes blanches ensemble. Et plein de projets aussi fous les uns que les autres.
De l’Estrie au camp de base de l’Everest

« Le Népal c’est une aventure spirituelle, ça change quelque chose en nous »
Son projet le plus marquant jusqu’à maintenant : la randonnée du camp de base de l’Everest. Une randonnée emblématique, surtout parce que l’Everest est le sommet le plus haut du monde. Elle est aussi réputée pour ses paysages incroyables avec la chaîne de l’Himalaya partout autour de toi.
« Le Népal, ça a été ma première fois en haute altitude. »
Malgré ses nombreuses expériences en montagne, cette randonnée jusqu’à 5364 mètres a été tout un défi. L’effet de l’altitude sur le corps, c’est quelque chose. Il a toujours voulu voir le Népal. Mais une journée, il est tombé malade. Un virus intestinal qui lui a fait manquer l’ascension d’un sommet secondaire, le Kala Patthar, avec vue directe sur le mont Everest.
Malgré ça, cette expérience l’a transformé. Eric y a filmé un documentaire disponible sur YouTube : L’envers de la Montagne
« Quand je suis arrivé à côté de la roche mythique qui marque l’arrivée au camp de base de l’Everest… c’était émotionnel. J’ai pleuré comme un bébé. »
C’est pour ces moments-là qu’on part à l’aventure. Qu’on traverse des moments difficiles. Qu’on embarque sur des plans que parfois on appelle des plans à la con. Pour ce moment où on sent l’émotion entrer en nous, qui nous donne envie de pleurer parce qu’on a réussi malgré toutes les difficultés.
Mais pour Eric, c’est quoi l’aventure?
« L’aventure est trop souvent associée à des choses spectaculaires alors que tu peux vivre des petites aventures au quotidien. »
Un peu tout peut être une aventure. Comme pour Eric quand il a quitté Baie-Comeau pour venir en Estrie. Comme moi lors de mon premier vol d’avion, quand j’ai perdu connaissance à l’aéroport d’Amsterdam. Ou tout simplement faire une activité qui te sort de ton quotidien, de ta zone de confort. Une première randonnée. Un nouveau travail. Découvrir un endroit.
Malgré les difficultés rencontrées, un remplacement de la hanche et des expériences difficiles, Eric n’arrêtera pas de partir à l’aventure.
« J’aime trop ça. C’est une drogue. Quand tu adores la montagne, tu en veux toujours plus. »
Ces projets-là nous permettent de nous éloigner de la société. De recharger nos batteries sociales.
En 2027, Eric va tenter l’ascension de l’Aconcagua, 6962 mètres, la plus haute montagne des Amériques.
Qui se douterait que derrière ce randonneur et coureur de sentier aguerri se cache un Éric qui a commencé le cheerleading à 43 ans et qui a compétitionné à l’international dans la même équipe que sa fille?
Eric est le directeur général de Passionnée de rando, groupe Facebook avec plus de 120 000 abonnés passionné de randonnée : https://www.facebook.com/passionnesderando
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Projet aventurier de l’Estrie
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Jonathan Lessard est explorateur, écrivain et rédacteur SEO basé au Québec. Il aide les entreprises et les créateurs à améliorer leur visibilité sur Google grâce à la rédaction SEO et au storytelling, tout en partageant ses aventures en nature et ses réflexions sur l’exploration intérieure.



