J’ai couru 55 km en trail, mais j’avais oublié comment randonner

Au départ d’un petit sentier dans les monts Stoke, j’avais mes écouteurs dans les oreilles. J’allais marcher en musique, comme d’habitude.

Et puis j’ai décidé, non pas cette fois.

Je les ai rangés.

Pour comprendre pourquoi ce geste-là m’a marqué, il faut savoir une chose. Je suis quelqu’un d’intense. Ceux qui me lisent depuis longtemps le remarquent vite. Peut-être que mon TDA n’aide pas. Mais quand je rentre dans quelque chose, j’y rentre à fond. J’ai perdu 30 lb en un mois. J’ai monté le Kilimandjaro comme premier voyage. Après mon demi-marathon, c’était le temps d’un 55 km en trail. Pas de demi-mesure.

Et longtemps, mon corps a suivi. Quand j’ai appris la méthode Wim Hof, j’ai appris du même coup que mon corps n’a comme limite que celle que je lui donne. Aujourd’hui, je commence à apprendre la leçon contraire. J’ai peut-être des limites.

Vendredi passé, j’étais chez l’ostéo pour une blessure de l’ultra qui peine à me quitter. Je vais voir l’expert, ça se replace, et aussitôt que je recommence à être un peu trop intense dans mes courses et mes sorties, surprise, devine qui m’attend. Cette vieille blessure.

Mon ostéo m’a chicané. Je le dis à la blague, parce qu’au fond, je lui donne du travail et mon argent. Mais encore une fois, j’étais de retour sur son banc à me faire torturer, avec les mêmes muscles coincés et les mêmes problèmes.

Le problème est simple : j’en demande trop à mon corps pour ce qu’il est capable d’encaisser en ce moment.

Je t’ai menti un peu juste avant. Je ne sais pas si c’est vraiment une limite. C’est peut-être plutôt la limite de ne pas faire les choses comme il faut. Les solutions sont là. J’ai reçu une série d’étirements à faire. On me répète sans cesse d’ajouter le gym à ma routine pour renforcer les muscles qui forcent pendant mes longues distances. Si je veux continuer à faire le fou, je vais devoir faire une chose que je n’ai jamais aimée… m’entraîner au gym. Ajouter du yoga, aussi, dans une routine déjà bien occupée. Et si tu as des recommandations d’entraînement pour un coureur, je suis preneur.

Mais en fin de semaine, ce n’était pas le temps de me refaire mal. Alors je suis sorti simplement pour marcher, sur un sentier côté facile. C’est là que j’ai réalisé quelque chose. Ça faisait longtemps que je n’avais pas randonné pour le simple plaisir de randonner. Je fais des sorties photo, je cours en trail pour me dépasser, mais randonner juste pour être dehors ? Je ne me souvenais même plus de la dernière fois.

Sans écouteurs, j’ai suivi le sentier. Sans objectif de temps. Sans performance. Sans musique. Le bruit de mes pas sur la terre battue. Le cri d’un Grand Pic au loin. Le vent dans les feuilles.

Pourquoi on randonne, c’était le sujet d’un de mes tout premiers podcasts de Jason Rando avec Jo et Lavio. Visiblement, j’avais oublié de me reposer la question.

Et toi, prends-tu le temps de te demander pourquoi tu fais ça ? De ralentir un peu ?

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