En plein cœur de Sherbrooke se trouve un milieu incroyable.
Un ancien site d’enfouissement qui a été régénéré grâce à l’effort de centaines de personnes pour créer aujourd’hui un des derniers milieux humides dans les limites de la ville de Sherbrooke.
Ces efforts servent à beaucoup de choses, dont à accueillir ici un étrange héron méconnu. Aujourd’hui menacé par la destruction des milieux humides qui sont son habitat naturel, plusieurs couples se sont enracinés au Marais de Sherbrooke pour y vivre dans un habitat naturel tout près de la ville.
Qui est ce petit oiseau ?
Ce héron s’appelle le petit blongios, la plus petite espèce de héron en Amérique du Nord. Quand on parle de héron, on pense souvent au grand héron. Le petit blongios fait partie de la même famille, les ardéidés, mais c’est une espèce bien différente. Beaucoup plus petit, avec une taille d’environ 30 cm et un poids d’autour de 80 g.
Il est reconnaissable grâce à sa couleur beige et rousse et à un dos d’un contraste beaucoup plus foncé que le reste de son corps. Le mâle possède un dos encore plus foncé que la femelle.
La première fois que je l’ai vu, j’ai mis un temps à réaliser que c’était un héron, tellement il est petit. Mais il possède bel et bien deux échasses sur lesquelles marcher. Un petit bec effilé qui lui permet de pêcher petits poissons et petites grenouilles. Rien de gros pour lui, ce qui est aussi la raison pour laquelle il préfère les petits marais en milieu humide. Son cou peut s’étendre très loin pour l’aider à pêcher.
Il existe environ 43 000 couples répartis dans le sud du Canada, aux États-Unis et jusqu’en Amérique du Sud. Le Canada n’en abrite que 2 à 3 pour cent.

Un expert du camouflage
Tu as déjà essayé de passer inaperçu ? Il y a des leçons à apprendre du petit blongios.
Mes premières fois au marais, je ne comprenais pas ce que tous les photographes cherchaient. Et même une fois que j’ai su quoi chercher, le trouver était une autre paire de manches. Sa couleur beige et rousse se fond parfaitement dans le décor des quenouilles beiges et jaunes des marais où il vit. On dirait presque qu’il a choisi son territoire exprès.
De plus, à sa taille, il grimpe souvent sur ces mêmes quenouilles, s’étire le cou et oups. Il disparaît à nouveau. Il sait se promener dans son environnement et se fondre dans le décor.
Comment le trouver ? Avec son cri.
Il possède un cri assez distinctif qui trahit sa position. Tu peux utiliser l’application Merlin pour étudier le son. De là, c’est de la patience. Écoute le bruit et essaie de regarder dans les herbes hautes. Le meilleur moment pour le repérer, c’est lorsqu’il bouge. Si tu as la chance de vivre près d’un milieu humide avec des petits blongios, tu peux même essayer de repérer où se trouve le nid. De là, tu pourras suivre ses déplacements.

Sa situation et une lueur d’espoir
En 1998, l’espèce s’est retrouvée avec le statut d’espèce menacée. Surtout à cause de la destruction des milieux humides, son habitat naturel, le nombre de blongios a diminué drastiquement.
Pour beaucoup d’espèces, le statut menacé ne changera jamais. Mais lorsque l’être humain s’y met, tout peut changer.
Dans les vingt dernières années, un gros mouvement de protection des milieux humides a vu le jour au Québec. Plusieurs histoires comme celle du Marais Réal D. Charbonneau ont vu le jour. La protection et la création de nouveaux milieux humides ont fait croître le nombre de naissances dans les dernières années. Et depuis 2024, le statut du petit blongios est passé de menacé à préoccupant.
C’est une très bonne nouvelle et un vent d’espoir. Lorsqu’on veut aider, on peut vraiment faire une différence.

Pour finir
J’ai la chance d’avoir plusieurs couples de petits blongios tout près de chez moi. Mais chaque fois, voir ce minuscule héron pêcher est un moment incroyable.
J’ai encore plein de photos différentes que j’aimerais prendre. Au vol, en train de pêcher, et bien d’autres. Mais chaque fois que je vais au marais, j’attends. Avec plusieurs autres, parce que les gens viennent de loin à ce petit marais pour observer la faune diversifiée qui s’y trouve. Et surtout, pour réussir à observer et photographier ce petit couple de hérons, maîtres du camouflage.
Si tu aimes mes photos, fais-toi plaisir de visiter ma galerie de photos ici : https://jolessard.pixieset.com/jonathanlessard/
Sinon, ne manque pas mon article sur le macareux aussi.

Jonathan Lessard est explorateur, écrivain et rédacteur SEO basé au Québec. Il aide les entreprises et les créateurs à améliorer leur visibilité sur Google grâce à la rédaction SEO et au storytelling, tout en partageant ses aventures en nature et ses réflexions sur l’exploration intérieure.


