La vie n’est pas facile.
C’est un “understatement”, je sais. Il n’y a rien de facile dans le quotidien. Les emplois, les relations, la voiture qui brise exactement au mauvais moment. Je connais personne qui navigue la vie comme un canot qui suit le courant sans effort. On peut aspirer à ça, mais c’est un parcours. Un apprentissage.
Une raison pour laquelle j’aime autant la montagne, c’est qu’elle m’enseigne exactement ça. Un parcours d’une journée en sentier nous montre comment traverser la vie.
La préparation
La montagne est toujours plus facile quand on arrive bien préparé.
Je m’en souviens encore. Première ascension du mont Washington. On n’avait pas regardé la météo. Il faisait soleil en bas, alors on laisse les imperméables dans l’auto et on part en t-shirt comme deux aventuriers qui n’ont peur de rien.
Pluie verglaçante, orage et tempête plus tard, on revient à la voiture trempés, délavés et épuisés de la vie.
Leçon apprise.
À Orford, j’avais les bons vêtements, assez de collations, ma trousse de premiers soins. Par contre, j’ai manqué d’eau sur les cinq derniers kilomètres. Il y a toujours place à s’améliorer.
Dans la vie comme en montagne, une bonne préparation rend le parcours plus simple. Les formations en ligne existent. On peut mettre de l’argent de côté. Faire des petits gestes aujourd’hui qui changent le résultat demain. Ça ne garantit rien, mais ça change tout.

S’amuser dans le parcours
La vie est un jeu.
C’est une phrase que j’ai entendue du Français Alex Vizeo. Elle m’a marqué longtemps. À quoi ça sert de faire ce qu’on fait si on n’a pas de plaisir en route ? On est tellement concentré sur le résultat qu’on oublie de s’amuser.
Ce week-end à Orford, j’avais mon chapeau de Luffy sur la tête. Mon ami Sam avait ses trois bâtons de rando à la Zoro. On s’imaginait dans l’équipage des Straw Hats quelque part dans un parc national québécois. On courait quand ça nous tentait, on sautillait de roche en roche, on admirait le parc.
Oui, on a souffert. Oui, vers la fin il y avait beaucoup moins de plaisir. Mais ce dont on se souvient après, c’est des beaux moments.
C’est pareil dans la vie. Quand quelque chose est difficile, trouver du plaisir dans l’effort. Et quand les beaux moments arrivent, les apprécier au maximum.
Ne pas lâcher quand on croit ne plus être capable.
Après 21 km, j’étais au sommet du Mont Chauve.
Dernier sommet de la traversée. Mal au pied, mal au corps, mal à la vie. Il restait encore 5 km de descente. Oui, c’est de la descente. Mais c’est le moment où j’aurais voulu m’arrêter, m’asseoir sur une roche et rester là.
Mais la montagne ne te laisse pas ce choix. Il faut continuer.
Et en continuant, on réalise qu’on est capable. Malgré tout.
Dans la vie c’est pareil. On est à bout, on n’en peut plus, mais on va trouver les ressources au plus profond de soi. C’est cette résilience qui fait la différence entre ceux qui accomplissent leurs rêves et ceux qui restent au sommet à attendre que quelqu’un vienne les chercher.
Pour finir
Une des raisons principales pour lesquelles je fais autant de montagne et d’aventure, c’est pour me préparer à la vie quotidienne.
Je le vis fortement en ce moment en essayant de vivre de mes rêves. Des refus à chaque jour. L’absence de réponse. Les revenus qui ne rentrent pas comme ils devraient. On entre en mode panique. On ne sait plus où donner de la tête ni quoi essayer.
Mais sans les défis que j’ai vécus, sans tout ce que j’ai affronté, je ne sais pas si je réussirais à forcer au travers. À tenir assez longtemps pour recevoir des bonnes nouvelles. Comme celle que j’ai reçue ce matin.
L’enseignement de la montagne nous rend résilients.
Profitons-en.

Jonathan Lessard est explorateur, écrivain et rédacteur SEO basé au Québec. Il aide les entreprises et les créateurs à améliorer leur visibilité sur Google grâce à la rédaction SEO et au storytelling, tout en partageant ses aventures en nature et ses réflexions sur l’exploration intérieure.