Karo la nature pour guérir

Karo avance sur le lac Kenogamis. La pulka derrière elle. Les skis aux pieds. Chaque mouvement est un combat.

Le lac a commencé à reflouer. L’eau remonte à travers la glace. La pulka s’enfonce. Chaque pas devient plus lourd que le précédent.

Alors Karo làche un crie.

Des cris comme Rocky. Des cris pour avancer. Des cris pour ne pas caler.

Un moment difficile. Mais tout un thrill pour Karo qui, là, se sent vivante.

J’ai rencontré Karo quelques fois en randonnée avec un de mes bons amis, Éric Laviolette. Mais c’est au Festival Expé qu’elle a donné une conférence sur le paddle board en eau vive. Déjà là, je me disais : wow, faut être intense pour faire ça.

Ça fait seulement quelques années qu’elle est en Estrie, à Magog. Avant, elle vivait en ville, près de Montréal.

Karo a traversé des moments difficiles. Le genre qu’on ne raconte pas facilement. Le genre qui laisse des traces. Une anxiété qui ne la quittait jamais. Des troubles paniques qui surgissaient sans prévenir.

Elle cherchait un endroit où respirer. Un endroit où se sentir libre sans avoir peur.

Elle l’a trouvé dans la nature.

« Parfois, je me sens stressée et juste partir dormir en nature au lieu de chez moi… j’étais bien. J’étais en sécurité. »

En 2020, Karo s’installe à Magog. À côté du lac Memphrémagog. Du mont Orford. Un endroit idéal pour les gens de plein air. L’équilibre entre la ville et la forêt. Quelque chose en elle reconnaît cet endroit.

L’Estrie devient son ancrage.

Elle s’implique. Sentiers de l’Estrie. Recherche et sauvetage. La communauté l’accueille avec une chaleur qu’elle n’attendait pas. L’entraide ici n’est pas un mot. C’est une pratique.

Sa famille finit par la rejoindre. Les racines s’enfoncent.

Mais c’est la nature qui la guérit vraiment.

Les micro-aventures deviennent son médicament. Une sortie en forêt. Une nuit sous les étoiles. Une roche où s’asseoir pour méditer. Ces moments où le mental se tait enfin.

La nature lui offre ce que personne d’autre n’avait pu lui donner : un espace de liberté où elle se sent en sécurité.

Pour Karo, l’aventure se définit ainsi. Un vent de liberté. Combiné à un sentiment de sécurité. Les deux ensemble. Inséparables.

Elle n’a pas commencé par les expéditions extrêmes. Elle a appris. Progressivement. Le camping. Le kayak. L’escalade. Les randonnées hivernales. Elle s’est équipée. Formée. Elle a testé son matériel encore et encore avant de partir.

Elle s’est entraînée à l’inconfort. Monter sa tente les yeux fermés. Gérer les pieds mouillés sans paniquer. Affronter le froid. Chaque situation difficile maîtrisée en pratique devient une situation gérable sur le terrain.

Cette résilience, elle la transpose dans sa vie quotidienne.

Mais certains défis restent gravés plus profondément que d’autres.

Le Mont Isolation.

C’est là que Karo a vécu son pire et son meilleur moment en nature.

La première fois, une ascension et traversée enneigée qu’elle a dû abandonner. Aucune neige dans le bas de la montagne. Pas de raquettes. Elle croise du monde en t-shirt. Mais plus elle monte, plus il commence à y avoir de la glace, de la neige.

Tranquillement, elle ne voyait plus rien. Elle nageait dans la neige. De grosses lames de neige partout. À seulement 3 km du sommet, la montagne avait dit non. De la neige partout, mouillée et fatiguée, elle a choisi de rebrousser chemin.

Son pire moment.

Mais Karo est revenue. Une semaine plus tard.

Elle prend un autre chemin. Et cette fois-ci, même si ce n’est qu’à une semaine d’écart, les conditions sont meilleures. Aucune neige sur la montagne. Température plus chaude. De la boue un peu partout. Mais elle atteint enfin le sommet.

Son meilleur moment.

La fierté de ce jour-là ne s’efface pas. Parce qu’elle avait goûté à l’échec avant de goûter à la victoire. Et c’est ça qui rend la victoire si douce.

Cette montée lui a permis de compléter les 48 sommets des montagnes Blanches de plus de 4 000 pieds.

Et puis il y a eu le lac Kenogamis. La pulka qui cale. La peur présente malgré la préparation. Ce moment où tu avances parce que reculer n’est pas une option.

Ce que Karo a appris sur ce lac, c’est que la prudence et la préparation ne suppriment pas la peur. Elles te permettent de continuer malgré elle.

Et même si, à cause des conditions, ils ont dû sortir plus rapidement que prévu, c’est une expérience qui reste gravée. Tout un apprentissage.

Malgré les expériences plus dures que d’autres, la nature reste son endroit préféré.

En mai, elle sera assistante pour une expédition immersion Uapishka dans les monts Groulx.

En Aout, ce sera un expédition à nouveau dans les mont Groulx, Transport en hydravion. Territoire sauvage. Un saut dans l’aventure extrême.

Cette région sauvage est un des endroits favoris de Karo.

Elle jongle aussi avec les contrats. Instructrice de premiers soins. Guide. Son parcours professionnel est aussi varié que ses aventures : électricienne, esthéticienne, guide en montagne. Elle s’adapte. Elle apprend. Elle avance.

Parce que lorsqu’on est heureux et passionné, on n’a pas peur d’essayer.

Si Karo devait donner un conseil, ce serait celui-ci.

Commence petit. Un pas à la fois. Ne te lance pas directement dans les grandes aventures. Appuie-toi sur les organismes locaux. Prépare-toi sérieusement. Teste ton matériel avant de partir. Connais tes limites.

Et surtout : respecte la nature.

Karo a vu les déchets laissés sur les sentiers. Les sites pollués. Les accès menacés de fermeture à cause de comportements irresponsables. Elle sait que le travail des bénévoles qui entretiennent ces espaces est souvent invisible. Elle a souvent été parmi ces bénévoles.

Elle veut qu’on le reconnaisse. Qu’on investisse. Que tout le monde puisse continuer à profiter de ces lieux.

Parce que la nature, pour Karo, c’est un médicament.

Un remède pour le corps. Pour le mental. Pour l’âme.

Elle s’assoit parfois sur une roche. Elle observe les étoiles. Elle respire. Elle ralentit.

Même si elle adore faire de grosses aventures.

Parfois c’est juste partir un soir et camper en nature.

Profiter du moment, relaxer et se retrouver.

Parce que malgré l’anxiété, malgré les moments plus difficiles.

La nature est là pour nous.

Et Karo n’est pas près de quitter l’Estrie

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