Un pas. Puis un autre. Chaque respiration brûlait mes poumons dans l’air raréfié. À 5 000 mètres d’altitude, mon corps me suppliait de m’arrêter, mais mon esprit refusait d’abandonner.
Et puis, plus rien.
Je me suis effondré sur les roches volcaniques du Kilimandjaro, vidé de toute énergie, écrasé par l’altitude et le doute. Dans ce moment de vulnérabilité absolue, une question m’a traversé l’esprit : pourquoi suis-je ici ? Quel genre de personne choisit volontairement de souffrir ainsi ?
Ce n’était pas la première fois que je me posais cette question.
J’ai grandi dans les Cantons-de-l’Est. Pour moi, l’Estrie n’est pas simplement une région, c’est un terrain de jeu grandeur nature. Des montagnes qui se dressent comme des défis silencieux, des lacs aux eaux cristallines, des forêts qui changent de visage à chaque saison. Un équilibre parfait entre nature sauvage et proximité urbaine.
C’est sur les pentes du mont Brome que tout a commencé pour moi. Je me souviens encore de cette journée. J’étais à mi-chemin de l’ascension, en sueur, les jambes tremblantes, le souffle court. Je préparais ma première ascension du mont Washington. Mais c’est sur cette montagne estrienne, accessible et familière, que j’ai découvert le goût de me dépasser.
Depuis, une réflexion ne me quitte plus. Est-ce que l’endroit où l’on vit peut façonner qui l’on devient ? Quand on grandit entouré de montagnes, est-ce qu’on développe naturellement l’envie de les gravir ? Quand les sentiers sont à notre porte, devient-on instinctivement un explorateur ?
L’Estrie bouillonne d’une énergie particulière. L’Ultra Bromont attire chaque année des centaines de coureurs prêts à repousser leurs limites. Le mont Mégantic accueille désormais sa propre course en sentier. Le mont Gosford devient un terrain de jeu pour les aventuriers en quête de défis. Et ce n’est pas un hasard si la région connaît une croissance fulgurante depuis quelques années.
J’ai décidé de partir à la rencontre de ces gens.
Je veux comprendre ce qui les a attirés ici. Leur définition de l’aventure, parce que pour certains c’est gravir des sommets, pour d’autres c’est élever des abeilles ou ouvrir une microbrasserie en pleine forêt. Je veux savoir ce qui les pousse à continuer, d’où vient cette flamme. Et les moments qui les ont transformés.
Ces aventuriers ne sont pas nécessairement des athlètes extrêmes. C’est l’ultramarathonien qui court 100 km dans la nuit, mais aussi la fermière qui a tout quitté pour vivre de la terre. Le guide de montagne, le retraité qui a découvert la randonnée à 65 ans, le jeune entrepreneur qui a choisi l’Estrie pour bâtir son rêve.
L’aventure n’a pas de définition unique. Elle prend la forme qu’on lui donne.
Les Aventuriers de l’Estrie, c’est un reportage qui donne la parole à ceux qui ont des histoires à raconter. Parce que quelque part sur une montagne africaine, à bout de souffle, j’ai compris que l’aventure commence bien avant le sommet. Elle commence dans les choix qu’on fait, les lieux qu’on habite, et les personnes qu’on croise.
Le but est de publier un article chaque mercredi en 2026

Jonathan Lessard est explorateur, écrivain et rédacteur SEO basé au Québec. Il aide les entreprises et les créateurs à améliorer leur visibilité sur Google grâce à la rédaction SEO et au storytelling, tout en partageant ses aventures en nature et ses réflexions sur l’exploration intérieure.


